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Les dispositifs de formation

L'action de formation en situation de travail (AFEST)

La réforme de la formation a simplifié la définition de l'action de formation pour notamment permettre le financement de nouvelles formes d'acquisition des compétences, principalement dans le cadre de la formation à distance, mais aussi de formations en situation de travail.

Ces dernières d'abord expérimentées par quelques branches sont désormais encadrées par l'article D. 6313-3-2 du code du travail. 

Les formations en situation de travail sont appelées à se développer tant pour les salariés d'entreprises que pour des demandeurs d'emploi (voir projet Région).

Les points forts de l'AFEST

Lancée par la DGEFP en 2015, l’expérimentation AFEST s’adresse en priorité aux employeurs de TPE-PME et à leurs salariés. Depuis fin 2016, 11 OPCA ont expérimenté les AFEST dans le cadre de 20 projets et au sein d’environ 50 entreprises. Un rapport publié en juillet 2018 dresse un bilan positif des effets de ces formations et les pièges à éviter pour les réussir.

Il évoque :

  • Les éléments et documents repérés susceptibles de servir de preuves
  • La répartition des rôles et de la charge formative lors de la phase d'ingénierie
  • Le ciblage des compétences visées et l’analyse de la faisabilité ; cette dernière passant par la possibilité d’aménagements organisationnels et managériaux et aussi par la disponibilité des ressources internes et leur capacité à endosser une mission de formation en situation de travail
  • La formalisation pour garantir de bon fonctionnement du dispositif
  • les effets directs et indirects de l'AFEST.

Voir aussi la vidéo du séminaire d’appropriation d'octobre 2018.

Etudiée par les chercheurs Pierre Pastré et Patrick Mayen, promoteurs de la didactique professionnelle, (lire le numéro 216 d’Education permanente) l'AFEST prend en compte la réalité du métier, et de l’environnement car elle tire parti de véritables situations vécues en entreprise, inhérentes aux métiers, à l'exclusion d'éléments théoriques qui seraient étrangers à l’activité.

Elle se différencie de l'alternance qui dissocie formation théorique et mise en application pratique des enseignements. Il s'agit d'acquérir de la compétences en situation de travail et d'enregistrer ses acquis, tout en adaptant le processus d'apprentissage au vu de la progression du bénéficiaire.

Elle repose sur la constitution d’un binôme : un référent expérimenté et un apprenant.

Elle doit distinguer deux temps : une mise en situation de travail, préparée, organisée et accompagnée et un temps réflexif pour analyser l’action et asseoir les apprentissages. Le dispositif peut aussi interroger le droit à l'erreur durant la période d'apprentissage, lié à la necessité de formaliser, voire contractualiser, ce temps de formation particulier.

L'AFEST suppose une analyse préalable de l’activité de travail pour l’adapter à des fins pédagogiques. La nouvelle réglementation prévoit un formateur exerçant des fonctions tutorales et des évaluations spécifiques des acquis de la formation : pour rendre compte des écarts entre l’attendu et le réalisé de chaque mise en situation.

Ainsi, loin de l’approche descendante, formelle et scolaire de certaines formations, elle est généralement plus porteuse de sens pour l’apprenant, car sont pris en compte deux points de vue : celui de l’apprenant et celui des employeurs. Elle permet de rapprocher les apprenants éloignés des dispositifs de formation dits « classiques », et ainsi leur permettre le développement de compétences en donnant du sens aux apprentissages. 

D'abord dédiée aux très petites entreprises, cette démarche a été adoptée par de grosses entreprises telles que Enedis ; ou bien le secteur de l’aide à domicile, souffrant d’un déficit d’image.

Une certification a été créée en 2016 et enregistrée au répertoire spécifique :

Ce que dit le code du travail

L'article D. 6313-3-2 de décembre 2018 du code du travail définit l'action de formation comme un parcours pédagogique permettant d'atteindre un objectif professionnel. (...) La mise en œuvre d'une action de formation en situation de travail doit comprendre : 

  • L'analyse de l'activité de travail pour, le cas échéant, l'adapter à des fins pédagogiques ;
  • La désignation préalable d'un formateur pouvant exercer une fonction tutorale ;
  • La mise en place de phases réflexives, distinctes des mises en situation de travail et destinées à utiliser à des fins pédagogiques les enseignements tirés de la situation de travail, qui permettent d'observer et d'analyser les écarts entre les attendus, les réalisations et les acquis de chaque mise en situation afin de consolider et d'expliciter les apprentissages ;
  • Des évaluations spécifiques des acquis de la formation qui jalonnent ou concluent l'action.

Pour aller plus loin

  • Rencontre organisée par Cap Métiers et les OPCO de Nouvelle-Aquitaine : document de présentation de l'AFEST par C-Campus
  • 9ème rencontre thématique Epale France "Apprendre et se former en situation de travail" 6 mai 2019 : retrouvez les interventions d'Alain Meignant, Solveig Grimault, Carine Margerie-Lemay, Estelle Durant et clôture par Paul Santelmann.
    Coordonnés par l'Agence Erasmus France - EPALE, ces travaux ont pour objectif d’accompagner la mise en œuvre, et le déploiement de la loi publiée en septembre 2018. La restitution des travaux est annoncée pour octobre/novembre 2019.
  • Témoignages d'apprenants et acteurs du 5 juillet 2019 de la chaine de Jean Vanderspelden
  • Replay Webconférence organisée par le FFFOD "Afest et digital : zoom sur les premiers dispositifs mis en place" le 18 juin 2019
  • Web tv organisé par Capform le 8 novembre 2018 "Parole d'acteur" : L'aract et l'Afest