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Les dispositifs de formation

La formation en situation de travail (FEST)

La réforme de la formation a simplifié la définition de l'action de formation pour notamment permettre le financement de nouvelles formes d'acquisition des compétences, principalement dans le cadre de la formation à distance, mais aussi de formations en situation de travail.

Ces dernières d'abord expérimentées dans quelques branches dans le cadre d'un programme AFEST, sont désormais encadrées par l'article D. 6313-3-2 du code du travail. 

Les formations en situation de travail sont appelées à se développer tant dans les entreprises que dans les actions en faveur des demandeurs d'emploi (Projet Région à venir).

Ce que dit le code du travail

L'action de formation se définit comme un parcours pédagogique permettant d'atteindre un objectif professionnel. (...) La mise en œuvre d'une action de formation en situation de travail doit comprendre : 

  • L'analyse de l'activité de travail pour, le cas échéant, l'adapter à des fins pédagogiques ;
  • La désignation préalable d'un formateur pouvant exercer une fonction tutorale ;
  • La mise en place de phases réflexives, distinctes des mises en situation de travail et destinées à utiliser à des fins pédagogiques les enseignements tirés de la situation de travail, qui permettent d'observer et d'analyser les écarts entre les attendus, les réalisations et les acquis de chaque mise en situation afin de consolider et d'expliciter les apprentissages ;
  • Des évaluations spécifiques des acquis de la formation qui jalonnent ou concluent l'action.

Les points forts de la FEST

Initié par les chercheurs Pierre Pastré et Patrick Mayen, promoteurs de la didactique professionnelle, (lire le numéro 216 d’Education permanente) la FEST prend en compte la réalité du métier, et de l’environnement car elle tire parti de véritables situations vécues en entreprise, inhérentes aux métiers, contrairement à certaines théories vues en période de formation qui seraient étrangères à l’activité.

Elle se différencie de l'alternance qui associe formation théorique et mise en application pratique des enseignements.Il s'agit plutôt d'acquérir de la compétences en situation de travail et d'enregistrer ses acquis, tout en adaptant le processus d'apprentissage au vu de la progression du bénéficiaire.

Elle repose sur la constitution d’un binôme : un référent expérimenté et d’un apprenant.

Elle doit combiner deux temps : une mise en situation de travail, préparée, organisée et accompagnée et un temps réflexif pour analyser l’action et assoir les apprentissages. Le dispositif peut aussi interroger le droit à l'erreur durant la période de formation, lié à la necessité de formaliser, voire contractualiser, ce temps de formation particulier.

La FEST suppose une analyse préalable de l’activité de travail pour l’adapter à des fins pédagogiques. La nouvelle réglementation prévoit à cette fin un formateur exerçant des fonctions tutoriales et des évaluations spécifiques des acquis de la formation :pour rendre compte des écarts entre l’attendu et le réalisé de chaque mise en situation.

Ainsi, loin de l’approche descendante, formelle et scolaire de certaines formations, elle est généralement plus porteuse de sens pour l’apprenant, car sont pris en compte des deux points de vue : celui de l’apprenant et celui des employeurs. Elle permet de rapprocher les apprenants éloignés des dispositifs de formation dits « classiques », et ainsi leur permettre le développement de compétences en donnant du sens aux apprentissages.

Longtemps dédié aux très petites entreprises, de grosses entreprises tel que Enedis se sont lancés dans cette démarche ; ou bien le secteur de l’aide à domicile, souffrant d’un déficit d’image.
 

L’expérimentation AFEST

- Lancée en 2015, l’expérimentation AFEST s’adresse en priorité aux employeurs de TPE-PME et à leurs salariés. (Voir la circulaire DGEFP 01/2015 du 14 janvier 2015).
Depuis fin 2016, 11 OPCA ont expérimenté les AFEST dans le cadre de 20 projets et au sein d’environ 50 entreprises. Cela a donné lieu à un rapport publié en juillet 2018. Ce dernier dresse un bilan positif des effets de ces formations et les pièges à éviter pour les réussir.

Consultez le rapport final. Celui-ci évoque :

  • Les éléments et documents repérés susceptibles de servir de preuves
  • La répartition des rôles et de la charge formative lors de la phase d'ingénierie
  • Le ciblage des compétences visées et l’analyse de la faisabilité ; cette dernière passant par la possibilité d’aménagements organisationnels et managériaux et aussi par la disponibilité des ressources internes et leur capacité à endosser une mission de formation en situation de travail
  • La formalisation pour garantir de bon fonctionnement du dispositif
  • les effets directs et indirects de la FEST.

Pour favoriser l’appropriation de cette modalité de formation par les acteurs, les porteurs de l’expérimentation, un séminaire d’appropriation a été conduit le 2 octobre 2018 sur les enseignements de l’AFEST, de sensibilisation sur ses conditions de réussite et de mobilisation collective autour de son déploiement. Stéphane Lardy, directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud était présent à l’ouverture de ce séminaire. Pour lui, les futurs opérateurs de compétences auront un rôle à jouer important et ils devront se pencher sur « l’écosystème de l’entreprise ».

- La FEST se voit doter d'une Maison de la formation en situation .
Coordonné par Emmanuelle Begon, son but est de créer un réseau afin de déployer des actions de formation en situation de travail (Afest) dans les territoires, grâce à des espaces ressources animés par des experts en analyse du travail et en formation par l'action.

Tous les acteurs de l’emploi et de la formation (entreprises, branches professionnelles et services publics de l'emploi et de la formation) seront appelés à se professionnaliser et à dialoguer sur la réalité du travail, le contenu de l’activité, les modalités de recrutement, de formation, de certification et d’analyse des évolutions métiers. Les opérateurs de compétences auront à s'impliquer dans le développement de l'afest et accompagneront les entreprises.

Ces maisons pourront prendre différente forme d'un territoire à un autre, en fonction des structures porteuses et seront toutes sous le statut de société coopérative d'intérêt collectif (SCIC).

Pour aller plus loin

  • Education permanente n°216 de septembre 2018 : dossier sur « Apprendre et se former en situation de travail »
  • Web tv organisé par Capform le 8 novembre 2018 : Parole d'acteur : L'aract et l'Afest"
  • Notre espace collaboratif « Pratiques et ressources professionnalisation » met à disposition un « Focus info » sur ce  thème : « AFEST Formation en situation de travail (FEST) ou AFEST : Quelques références pour mieux comprendre ». Voir