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Forêt-Bois-Papier

La Région Nouvelle-Aquitaine a adopté son Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII) en décembre 2016. Il formalise la politique de la Région en matière d'aide aux entreprises et sa vision pour le développement économique du territoire.
La Région se donne comme ambition d'organiser et de promouvoir des filières prioritaires.

La filière Forêt-Bois-Papier fait partie de ces filières prioritaires.

La Nouvelle-Aquitaine détient la plus grande surface boisée de France métropolitaine. Les forêts s'étendent sur plus de 2,8 millions d'hectares soit 34 % du territoire régional.

Présentation de la filière

Au niveau régional

Avec une surface boisée de 2 841 000 hectares, dont 2 773 000 hectares en surface de production, la filière forêt-bois en Nouvelle-Aquitaine compte 375 entreprises d’exploitation forestière et 281 entreprises de sciage.

De l’exploitation forestière à la transformation du bois, elle regroupe 30 200 emplois (données 2015) en Nouvelle-Aquitaine principalement dans le sciage et les industries de papier-carton, soit 17 % de l’emploi national de cette filière.

Dominant largement dans les massifs forestiers des Pyrénées-Atlantiques, de Dordogne ainsi qu'au sud de la Haute-Vienne et de la Corrèze, les feuillus (hêtre, châtaignier, peuplier et chêne) s’étendent sur plus de 60 % de la Région. Le pin maritime régional représente à lui seul près de 90 % de la récolte nationale.

La filière inclut quatre principaux secteurs d’activités :

  • la sylviculture et l’exploitation forestière
  • le sciage et le travail du bois
  • l’industrie du papier et du carton
  • les travaux de charpente.

On compte 2 interprofessions en Nouvelle-Aquitaine très dynamique : Fibois Nouvelle-Aquitaine (l’interprofession de la filière Forêt Bois Papier de Nouvelle-Aquitaine, née de la fusion de BoisLim, Futurobois, Interbois-Périgord, Interpro Forêt Bois 64) et Fibois Landes de Gascogne (l’interprofession du pin maritime).

A noter : basé en Gironde, Xylofutur, est le seul pôle de compétitivité dédié aux industries du bois en France : sa mission principale est d’encourager les actions collectives en matière de recherche et développement, pour faire émerger de nouvelles filières et concevoir des projets innovants dans trois domaines-clés : le bois massif, la chimie verte et la gestion des forêts cultivées (bois aboutés…).


Au niveau national


Le ministère du Travail et les représentants de la filière bois française ont lancé des travaux d'analyse du contrat d’études prospectives bois sur les métiers et les compétences pour le secteur des produits bois dans la construction et l’aménagement. Le rapport final de ce CEP publié fin décembre 2019 fait un état des lieux économique des entreprises et de l'emploi, ainsi que des facteurs de mutations et soumet un plan d'action.

Parmi les projets de plan d’actions à l'issue du CEP, il est prévu de : 

  • Concevoir et expérimenter des parcours d'accès à l'emploi pour les demandeurs d’emploi et les publics en IAE vers les métiers du secteur en tension de recrutement 
  • Renforcer les outils du secteur pour attirer les jeunes vers ses métiers 
  • Réaliser les ajustements sur les filières de formation diplômante et certifiante pour les publics scolaires et apprentis 
  • Mettre à disposition une offre de formation mutualisée ciblée sur les compétences clés 2025 pour les artisans, les salariés et nouveaux embauchés avec un diplôme généraliste 
  • Mettre en place une offre d’accompagnement des artisans et dirigeants de TPE-PE en matière de conduite du changement et de GPEC.

La Cour des comptes a publié en mai 2020 un rapport sur la structuration de la filière forêt-bois. En crise structurelle depuis au moins deux décennies, la filière est entretenue par un sous-investissement chronique et une compétitivité insuffisante. Huit recommandations ont été formulées autour de deux grands axes d'action : la préservation de la ressource forestière et le soutien aux industries de transformation du bois, et la promotion d'une politique de filière au plus près des territoires.

Si le tiers des surfaces de forêt est difficile à exploiter en raison du relief, une gestion dynamique des forêts se heurte à de nombreux autres freins : un tiers seulement de la forêt privée applique des engagements de gestion durable. Les pratiques de vente du bois ne permettent pas aux industriels de sécuriser suffisamment leurs approvisionnements. Les métiers de l’exploitation forestière et de la première transformation du bois manquent d’attractivité.

Evolution des métiers

D'après l'étude de l'oref en 2017 (voir ci-contre), plus de la moitié des emplois sur 3 métiers concernent les :

  • Artisans menuisiers du bâtiment, charpentiers en bois
  • Ouvriers de scierie, de la menuiserie industrielle et de l’ameublement
  • Ouvriers de production du travail du bois et de l’ameublement

Les opportunités d’emploi :

  • Sylviculture : ouvriers sylvicoles, dans un contexte de reboisement d’après tempête
  • Exploitation forestière : des perspectives de recrutement dans l’abattage mécanisé (conducteurs d’abatteuses, de porteurs et de tracteurs)
  • Industrie : quelques projets de recrutement sur les métiers d’opérateur bois, affûteur et plus globalement sur ceux en lien avec le pilotage et la maintenance de lignes de production
  • dont Industrie papier-carton : les départs en retraite pourraient générer des embauches, surtout en pilotage de procédés (ouvriers et techniciens), en maintenance et en qualité-sécurité-environnement. Le secteur recherche également des ingénieurs et des responsables process ou développement produits, notamment dans le packaging
  • Avec le développement du bois-énergie, les postes de chauffeurs de broyeurs-déchiqueteurs sont amenés à se développer.

La formation

Côté formation, d'après l'Agreste de mai 2020, à la rentrée 2018, on comptait 3 935 élèves soit une évolution de 0,7 % par rapport à 2017. 73 % des effectifs concernait la Menuiserie-Construction contre 17 % le Travail du bois-ameublement et 10 % le secteur Forêt.

De nombreux établissements de formation initiale et continue basés en Nouvelle-Aquitaine sont reconnus nationalement :

  • Plateforme Bois Performance Energétique d’Egletons (19)
  • IUT Génie Civil de Bordeaux (33) et La Rochelle (17) pour la Licence professionnelle bois-construction
  • Centres de formation de Meymac (19) et Bazas (33) sur les métiers de la forêt…

D'après l'étude de l'Oref (voir ci-contre), plus de 4 500 jeunes sont formés dans un établissement néo-aquitain, dont :

  • plus d’un tiers en apprentissage
  • la moitié en niveau IV (Bac pro)
  • près des trois quarts en Menuiserie-construction

Pour savoir plus sur les formations, consulter Rafael