*

Tourisme

La Région Nouvelle-Aquitaine a adopté son Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII) en décembre 2016. Il formalise la politique de la Région en matière d'aide aux entreprises et sa vision pour le développement économique du territoire. La Région se donne comme ambition d'organiser et de promouvoir des filières prioritaires. La filière Tourisme en fait partie.

Avec 110 000 emplois, le secteur représente 5 % de l’emploi régional. Il faut cependant ajouter les emplois induits, qui doublent le nombre d’emplois générés par la filière.

La filière regroupe 4 familles de métiers :

  • les métiers de l’hébergement (hôtellerie et campings) ; 
  • les métiers de la restauration et des débits de boissons ; 
  • les activités des agences de voyages, voyagistes, services de réservation ; 
  • les métiers de l'accueil et de l'animation touristique.

Ce secteur est en tête des régions françaises les plus attractives. La Région ambitionne de devenir leader dans le tourisme durable, avec la volonté de concilier développement économique, qualité de vie des habitants et préservation des espaces fragiles.

 

Présentation de la filière

Au niveau régional

Alors que le Schéma Régional de Développement du Tourisme et des Loisirs veut faire de la Nouvelle-Aquitaine la 1ère destination touristique durable de France et que la feuille de route régionale Neoterra vise à concilier développement économique de la filière touristique et enjeux environnementaux, l’enjeu est d’engager l’ensemble du secteur touristique dans une transition écologique porteuse de moindre impact sur l’environnement.

Une convention a été adoptée en plénière en octobre 2019 qui prévoit la mise en œuvre d’une expérimentation de développement durable en s’appuyant sur un programme d’animation des filières touristiques.
Le programme d’animation Tourisme Durable sera diffusé dans deux « territoires tests » : Iles et littoral charentais (Île de Ré, île d’Oléron, Rochefort-Océan, Royan Atlantique) et Basse Vallée de la Vézère (de Brive-la Gaillarde à Limeuil dont les Communautés de Communes de la Vallée de l’Homme, Sarlat-Périgord-Noir et Vallée de la Dordogne et Forêt Bessède).

Les professionnels de l’hébergement touristique en Nouvelle-Aquitaine ont identifié des axes prioritaires pour répondre aux enjeux du tourisme durable sur leur territoire et notamment la sensibilisation et la formation des professionnels. Le plan identifie un besoin de recenser les besoins et de créer une formation interfilière

La filière doit favoriser des retombées économiques et de l’emploi équilibrées sur l’ensemble de la Région, tout en restant un moyen d’améliorer la qualité de vie des habitants.
Un des axes d’action de la Région est donc d’accompagner l’organisation touristique des territoires et de soutenir la modernisation, en particulier numérique, des petites et moyennes entreprises (PME) de la filière face aux mutations du secteur.

Au niveau national

Une feuille de route interministérielle présentée en juillet 2017 proposait de renforcer l'attractivité touristique :

  • L'augmentation du nombre de contrats d'apprentissage dans le secteur,
  • La signature d'un EDEC en 2018
  • La signature d'une convention-cadre interministérielle visant à soutenir la filière

Depuis plusieurs années, Internet a transformé le marché du tourisme en permettant l’essor de l'"e-tourisme" qui se traduit par une nouvelle visibilité via les sites, la possibilité de réserver une chambre d’hôtel en ligne, etc.

Aujourd’hui, plus d’un Français sur deux prépare son voyage sur Internet, media qui constitue désormais le principal canal d’information pour trouver des renseignements sur une destination.

L’hôtellerie de plein air, naturellement liée au principe de développement durable, voit ses pratiques évoluer pour l’intégrer. Le secteur connaît des transformations et c’est l’opportunité d’associer développement économique et développement durable. Il reste cependant beaucoup à faire selon un état des lieux dressé par le CEREQ.

Evolution des métiers

En Nouvelle-Aquitaine, 70% des établissements de tourisme appartiennent au secteur de l’hôtellerie-restauration. Ce domaine concentre donc un emploi du tourisme sur deux. Le secteur des activités culturelles a connu une augmentation des recrutements de 6.6%. Le sous-secteur de l’accueil ne représente que 4% des recrutements. Des projets récents portent l’emploi de la filière, tels que la Cité du vin, le centre d’art pariétal Lascaux IV, le Center Parcs en Lot-et-Garonne (ouverture 2020).

Du côté de ceux qui conçoivent et commercialisent les voyages, la tendance est plutôt à la réduction des effectifs, sous l'effet du développement d'Internet et des nouveaux modes de consommation.

Selon les mesures issues des Assises du tourisme, les métiers les plus touchés par la révolution numérique sont ceux de la conception et de la vente de séjours : aujourd'hui, plus la majorité des voyages sont réservés par Internet. Les sites de réservation en ligne ont empiété sur les activités traditionnelles des chefs de produits, des conseillers voyages et des agents de réservation. De nouveaux métiers ont également fait leur apparition, comme ceux de responsable webmarketing ou d'animateur numérique de territoire, qui font la promotion d'un lieu, d'une offre de séjours sur Internet et sur les réseaux sociaux.

La formation

Au niveau régional

Formation phare du secteur, le BTS tourisme permet de s'insérer chez la plupart des acteurs du secteur (comme conseiller voyage en agence de voyages, conseiller séjours en office de tourisme, agent de vente dans une compagnie aérienne, réceptionniste dans l'hôtellerie...).
De nombreuses licences professionnelles permettent également de se spécialiser en e-tourisme, en conception de produits touristique...

Mais bien souvent, pour entrer dans le tourisme, il vaut mieux viser une formation en cuisine, en marketing digital, en informatique, en management, en relations commerciales ou en sport qu'en tourisme. D'ailleurs les formations en hôtellerie seraient plus porteuses que celles en tourisme. La maîtrise d'au moins deux langues étrangères dont l'anglais est généralement exigée. 

Le niveau bac+5 (master en tourisme, gestion ou commerce) est recommandé pour accéder à des postes à responsabilités, tel que directeur d’agence de voyage, responsable d’hébergement ou yield manager…. Les doubles profils ont la cote : une licence en droit ou en gestion, suivie d'un master en tourisme, par exemple.

En 2018, un Trophée d'innovation a été remis à Mona, la Mission des Offices de Tourisme de la Nouvelle-Aquitaine, pour son projet "La fabrique e-learning". Ce projet permet de mettre à disposition des acteurs du tourisme des moyens de production de contenus de formation à distance et en ligne.

Au niveau national

Elaboré conjointement par l'Institut Montaigne et la CCI Ile de France, plusieurs propositions ont été formulées afin que la France maintienne sa position de leader mondial du tourisme à horizon 2030. La formation fait partie des leviers et plusieurs propositions sont faites dans ce sens : réformer les formations initiales et renforcer la formation continue ; s'appuyer sur les caractéristiques des régions pour créer des filières formation d’excellence ; redéfinir les compétences des métiers du tourisme ; favoriser l'alternance dans les formations post-bac ; adapter les modalités de l'enseignement continu aux particularités secteur ; développer la formation professionnelle dans l'emploi saisonnier.

De son côté, le Conseil de promotion du tourisme a publié un rapport dans lequel il exprime plusieurs recommandations pour faire du tourisme français le numéro 1 mondial à l'horizon 2020. Là aussi, un chapitre est consacré à la formation. Le secteur se caractérise par une profusion de titres ou certifications dont les corpus pédagogiques se recoupent souvent, ce qui rend l'offre de formation peu lisible.
Par ailleurs, certains besoins, qui vont crescendo, sont mal couverts : maîtrise des langues étrangères, sens du service, savoir-faire numérique, culture générale. Pour pallier ces insuffisances, il est proposé de créer trois blocs de compétences modulables et transversales : la pratique des langues étrangères, le sens de l’accueil et les compétences numériques. Ils gagneraient à être intégrés dans toutes les formations consacrées aux métiers du tourisme, quel que soit leur niveau.

Le Conseil recommande aussi d'attirer davantage d'apprenants vers les fonctions d'exécution pour lesquelles il y a des besoins. Les tensions se situent sur les formations avant Bac (niveau V : CAP et IV : Bac Pro) notamment pour les métiers de l’hébergement comme les femmes de chambres.

Le Conseil estime par ailleurs que les formations à distance dans le tourisme devraient être renforcées en direction des "saisonniers" ou "de passage". Des MOOCs et tutoriels en ligne seraient particulièrement pertinents.

Covid-19 : des mesures fortes pour soutenir le secteur du tourisme

Au niveau régional

Malgré les incertitudes sur les possibilités estivales et les handicaps déjà connus comme l’annulation des festivals, la Nouvelle-Aquitaine devrait accueillir un grand nombre de touristes. Elle attend une clientèle essentiellement française, et mise surtout sur un tourisme intérieur. La Région propose et travaille à plusieurs mesures pour redémarrer l'activité dont notamment :

  • un plan de reconquête et une promotion ciblée
  • un soutien à l’investissement notamment pour un tourisme plus durable, innovant et compétitif...

Au niveau national

Le Premier ministre a présidé en mai 2020 le cinquième Comité interministériel du tourisme.
A cette occasion, le Gouvernement a annoncé un ensemble de mesures pour permettre au secteur du tourisme, qui représente près de 2 millions d’emplois directs et indirects et près de 8% du PIB, de faire face aux conséquences de la crise.

Les principales mesures annoncées :

  • Le Fonds de solidarité restera ouvert jusqu’à la fin de l’année 2020 et son accès sera élargi aux entreprises réalisant jusqu'à 20 millions € de chiffre et ayant jusqu'à 20 salariés. L'aide du 2ème étage de ce Fonds pourra atteindre 10 000 euros
  • Les entreprises du tourisme et de l’événementiel pourront continuer de recourir à l’activité partielle dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui jusqu’à la fin du mois de septembre 2020
  • La France mobilisera un plan d’investissements en fonds propres
  • Un Prêt garanti par l’État spécifique à ces secteurs plus avantageux que le prêt initialement proposé sera créé
  • Une exonération de cotisations sociales et patronales s’appliquera aux TPE et aux PME pendant la période de fermeture ou de très faible activité (de mars à juin).

Une plateforme pour permettre aux entreprises d’identifier les aides mobilisables :

Pour soutenir les acteurs de la filière Tourisme, Bpifrance et la Banque des Territoires, en collaboration avec les Ministères de l’Économie et des Finances et de l’Action et des Comptes Publics, et les Régions de France ont développé une plateforme pour permettre à chaque entreprise d’identifier les différentes aides dont elle peut bénéficier.
En fonction des différents critères (secteur d’activité, taille, région etc..), l’entreprise est redirigée vers les plateformes d’aides existantes et peut ainsi formuler ses demandes.