Combiner formation et travail pour développer les compétences

Formation tout au long de la vie

Combiner formation et travail pour développer les compétences

Le Céreq a publié en juin 2020 une étude comparative sur la formation en Europe : l’investissement dans la formation des entreprises, son intensité et son évolution entre 2005 et 2015.

Les entreprises européennes ont recours à la formation de manière croissante : en 2015, 73 % des entreprises des 28 membres de l’UE ont organisé des formations pour au moins un membre de leur personnel (79 % en France ; 99 % en Lettonie et en Norvège ; 22 % en Grèce).
La France reste dans la moyenne européenne et traduit un recours à la formation tourné, dans les faits, vers l’adaptation au poste.

Si les entreprises françaises s’impliquent dans la formation des salariés au travers de l’organisation de cours et stages, le recours aux autres types de formation (conférences, séminaires, rotation des postes, formation en situation de travail) et l’accueil d’apprentis y sont en revanche plus faibles que dans d’autres pays européens. En 2005, 33 % des entreprises européennes avaient eu recours à des formations en situation de travail, 44 % en 2015 (23,5 % en France).

Le Céreq précise néanmoins qu’avec la loi de 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, qui inscrit les actions de formation en situation de travail (Afest) “comme des formations à part entière”, la France pourrait s’inscrire dans cette tendance européenne.

Le Céreq zoome sur des pays où les entreprises valorisent le travail pour développer les compétences de leurs salariés : c’est le cas notamment en Allemagne où 64 % des entreprises accueillent des apprentis et 64 % organisent des formations en situation de travail.
Il cite également l’exemple du Danemark et son dispositif Ny Mesterlære (nouvel apprentissage) qui comporte un programme d’une année entière en entreprise sans formation théorique. Pour ces pays, le Céreq souligne la forte coordination entre les employeurs et les partenaires sociaux pour garantir un flux de main d'œuvre qualifiée.

En conclusion, le Céreq s’interroge sur la capacité des entreprises à investir dans la formation de leurs salariés et à diversifier les modes de développement des compétences dans le contexte de crise économique auquel l’Europe est confrontée suite à la crise sanitaire. Pour le Céreq, des formes d’organisation du travail apprenantes sont à privilégier pour des entreprises risquant de revoir à la baisse les budgets à la formation.

Consulter l’étude 

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