Rapport sur la filière transformation et valorisation des déchets

Compétences et besoins de l'économie

Rapport sur la filière transformation et valorisation des déchets

Menée à l’initiative du Conseil national de l’industrie, et avec l’appui du Céreq, France Stratégie a publié, en décembre 2018, un rapport prospectif sur la filière Transformation et Valorisation des déchets, qui met en avant les métiers peu connus et souffrant d’une image dévalorisée.

Le rapport identifie une liste de métiers dont les besoins de recrutement sont en croissance ou qui se transforment. Pour certains d’entre eux, il existe des tensions et des pénuries sur le marché du travail dans quatre familles de métiers :

  • Collecte et tri des déchets : Équipier de collecte ; Chauffeur.
  • Traitement et la valorisation des déchets : Technicien / agent de traitement ; Chef d’équipe ; Responsable d’exploitation ; Conducteur d’engin.
  • Maintenance, contrôle de la qualité et de la sécurité : Agent de maintenance ; Responsable de maintenance ; Responsable QHSE.
  • Administration et gestion : Opérateur de bascule ; Commercial ; technico-commercial.
Cette branche repose sur des emplois et des métiers majoritairement peu qualifiés et sur des infrastructures lourdes et règlementées : centres de tri, usines d’incinération ou de valorisation énergétique, entrepôts logistiques ou centres de regroupement.
Elle comprend des process pour partie automatisés mais laissant encore une large part à des activités manuelles, comme la conduite d’engins, le tri manuel ou le démantèlement des déchets.

La filière transformation et valorisation des déchets est soumise à des tendances de fond depuis trente ans (réduction des déchets, augmentation du recyclage, diminution de la mise en décharge) qui pourraient contribuer à une recomposition des activités et des emplois de la filière, d’autant que la filière est par ailleurs concernée par les évolutions technologiques, le développement de l’automatisation, de la robotique ou encore de l’intelligence artificielle.

Le rapport pointe que les effectifs de jeunes en formation initiale dans cette filière sont relativement faibles. La filière a recours aux dispositifs de professionnalisation pour assurer le maintien voire l’évolution des salariés dans l’emploi et certifier les compétences. Pour étendre la logique de professionnalisation, le rapport propose d’adapter davantage la formation aux contraintes de terrain. Les Actions de formation en situation de travail (AFEST) pourraient offrir cette opportunité pour les acteurs de la filière.

Il identifie un certain nombre d’enjeux pour la filière :
  1. Anticiper les futurs processus de construction des métiers et des compétences. Le rapport souhaite une réflexion pour préciser la distinction qui devra s’opérer dans les formations entre ce qui relèvera : − d’un socle de compétences générales sur la collecte et le traitement des déchets, − des compétences expertes attachées à la maîtrise de la gestion d’objets ou de matériaux spécifiques.
  2. Réduire le décalage entre la place de la filière pour la transition écologique et énergétique et une organisation du travail encore marquée par une faible qualité des emplois et des compétences : cet enjeu consiste à changer la représentation sur la qualification du travail dans la filière transformation et valorisation des déchets. Le positionnement des nouveaux entrants munis d’un socle de connaissances nettement accru par rapport aux générations antérieures constitue un enjeu fort pour l’avenir.
  3. Gérer la transformation des emplois et des activités de tri des déchets ménagers : la « reconversion » de plusieurs installations de tri de déchets ménagers est programmée, voire engagée sur un certain nombre de territoires. Au-delà des mesures de reclassement permettant à des individus de retrouver à court terme un emploi, il s’agit d’aller vers la construction de trajectoires de mobilité interne à la filière.
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